Un bon voyageur est celui qui ne sait pas où il va, et un parfait voyageur ne sait pas d’où il vient.
(A good traveller is one who does not know where he is going to, and a perfect traveller does not know where he came from.)
Cette citation de Lin Yutang résume une perspective profonde sur l’essence du voyage et, par extension, sur la vie elle-même. L'idée d'un « bon voyageur » comme quelqu'un qui ne connaît pas sa destination suggère une attitude de spontanéité et d'ouverture d'esprit. Il met l'accent sur le voyage plutôt que sur la destination, encourageant les voyageurs à abandonner leurs plans et leurs attentes rigides. Un tel voyageur parcourt le monde avec curiosité et adaptabilité, prêt à rencontrer l’inconnu sans anxiété ni désir de contrôler chaque aspect de l’expérience.
En allant plus loin, le concept de « voyageur parfait » étend cette notion à un niveau philosophique plus profond en suggérant que la véritable maîtrise du voyage réside dans le dépassement de l'attachement non seulement à l'endroit où l'on va, mais aussi à l'origine ou à l'identité passée. Ne pas savoir d'où l'on vient évoque un état de fluidité dans l'identité personnelle, dans lequel le voyageur n'est pas lié par des définitions préalables de soi dictées par la culture, l'histoire ou le lieu. Cela peut être interprété comme une invitation à s’immerger pleinement, si complètement dans l’expérience présente que les récits précédents sur soi et son origine se dissolvent.
Une telle perspective remet en question les conceptions conventionnelles du voyage simplement comme un déplacement d’un point A à un point B ou comme un acte de tourisme. Au lieu de cela, il présente le voyage comme une expérience transformatrice qui remodèle le concept d’appartenance et de conscience de soi du voyageur. Il résonne avec les thèmes philosophiques orientaux trouvés dans le taoïsme et le bouddhisme, où le détachement et un flux harmonieux avec le monde sont des voies vers l'illumination et la paix.
De plus, cette citation témoigne également du rythme et de l'état d'esprit de notre vie moderne, où les voyages sont souvent axés sur des objectifs, remplis d'itinéraires et de listes de contrôle conçues pour maximiser les résultats et les réalisations. La citation préconise de prendre du recul par rapport à cette approche pragmatique pour adopter l’incertitude et la fluidité. Il suggère que la véritable récompense du voyage réside dans la dissolution des frontières mentales et des idées préconçues, invitant le voyageur à découvrir le monde sans les limites d’itinéraires ou d’identités prédéterminés.
En fin de compte, les paroles de Lin Yutang nous rappellent que le voyage, dans sa forme la plus élevée, n’est pas seulement un acte physique mais un profond voyage spirituel. Il nous invite à vivre avec une ouverture sur l’inconnu et suggère que, ce faisant, nous atteignons un état d’être libérateur – libéré des chemins et des origines fixes – faisant littéralement de chaque voyage une découverte nouvelle et authentique.